Interview de Tony Beaufils du groupe QANTICE

Après avoir découvert Qantice lors de leur concert lyonnais du 16 février dernier, j’ai eu le plaisir de rencontrer leur leader et guitariste, Tony Beaufils, lors d’un après-midi d’avril à Disneyland Paris.

Salut Tony, et tout d’abord merci beaucoup de te prêter au jeu de l’interview avec moi aujourd’hui.

 

Pouvez-vous me dire comment Qantice s’est retrouvé en première partie de Luca Turilli’s Rhapsody, pour cette tournée 2016 ?

Au début de l’automne 2015, nous avons appris que Rhapsody cherchait des groupes d’ouverture pour sa tournée européenne et nous avons donc postulé. Un mois plus tard, nous avons eu la joie d’apprendre que Luca Turilli en personne avait sélectionné Qantice pour être l’un des deux groupes de première partie de la seconde moitié de la tournée, à savoir du 30 janvier au 16 février. Alors nous avons commencé à nous préparer pour l’aventure : il a fallu notamment louer un camping-car et solliciter tous les soutiens logistiques possibles. J’en profite d’ailleurs pour remercier ici Loïc Bazire qui a été à la fois notre chauffeur, notre roadie et notre marchand de goodies sur 10 000 kilomètres, les studios Notilus qui nous ont prêté du matériel, ou encore mon vieil ami Dan qui s’est déplacé plusieurs fois à ses frais pour s’occuper des lumières. Et cette liste est loin d’être exhaustive… La réussite de cette tournée doit beaucoup à tous ces gens-là que je ne remercierai jamais assez !

Quelle impression ça fait de jouer avec Luca Turilli ?

Jouer avec Luca, c’était presque un rêve de gamin, car c’est quelqu’un qui a beaucoup influencé la musique de Qantice. Mais en plus de ça, derrière le compositeur légendaire de métal symphonique, se cache un type adorable, simple, et très chaleureux. Et le comble, c’est qu’il a aussi eu le talent de s’entourer d’une équipe tout aussi agréable. Musiciens, équipe technique, management : tout le monde a été extrêmement amical avec nous. Et cela nous a très vite permis de nous sentir à l’aise et de travailler dans d’excellentes conditions, en oubliant presque la grande pression qui pesait sur nos épaules (car je précise qu’il s’agissait de la toute première tournée pour Qantice).

J’ai trouvé votre costume blanc surprenant, élégant et classe, pour un groupe de metal, mais pourquoi blanc ?

Ha ha ! Il y a plusieurs raisons : la première, c’est que Qantice raconte des histoires de science- fantasy à travers ses chansons ainsi qu’un roman. Et dès les premiers concerts du groupe, il a été question d’avoir un look qui serait en rapport avec cet univers de space opera. Pour ma part, j’ai cherché à créer quelque chose qui ressemblerait un peu à la combinaison d’un astronaute (mais en plus confortable), à la tenue du Capitain Flam (manga des années 80), ou encore à la célèbre armure des Strom Troopers de Star Wars. Et la seconde raison de ce choix, c’est que cela permettrait en plus de me singulariser un peu dans ce milieu metal où la couleur noire est tellement généralisée que c’en est presque devenu un uniforme. Et, de fait, cela intrigue et suscite des questions. (sourire)

À quoi s’occupe Qantice en ce moment ? Qu’est-ce que vous nous préparez ?

Alors nous sommes en pleine préparation du troisième album. Avant même le début de la tournée, l’écriture de la plupart des chansons était déjà quasiment achevée, et j’ai pu tout terminer en mars. Nous venons juste de passer à la phase suivante, où chaque membre se prépare à enregistrer. Aurélien a déjà bien avancé sur ses parties de batterie et les autres vont suivre dans les semaines à venir, notamment David qui compte enregistrer ses voix cet été.

Comment avez-vous rencontré David et comment s’est-il intégré au groupe depuis le départ de PelleK, l’ancien chanteur ?

Effectivement, Pellek a dû nous quitter car il est arrivé à un stade de sa carrière (YouTube, cinéma, télévision…) où il n’a plus du tout le temps de se consacrer à des groupes. C’est ainsi que, dès l’annonce de cette tournée de Rhapsody, nous avons su qu’il nous faudrait trouver un autre chanteur.

Nous nous sommes donc mis en quête d’un remplaçant et c’est grâce à l’aide de Linus Abrahamson, bassiste d’Andromeda et ami de Christine Lanusse (bassiste de Qantice) que nous sommes entrés en contact avec le Suédois David Akesson. Il avait exactement le type de voix que Qantice réclame et après quelques semaines de préparation à distance, nous l’avons enfin rencontré à Paris pour une répétition générale, trois jours seulement avant le début de la tournée.

Tout de suite, ça s’est très bien passé, aussi bien humainement que professionnellement : avec sa simplicité, sa gentillesse et son humour, il s’est parfaitement intégré à l’équipe, et chaque soir, il a su conquérir la foule avec des performances vocales et une présence scénique encore plus impressionnantes que ce à quoi nous pouvions nous attendre. Au départ, nous étions partis sur l’option prudente de ne l’engager que pour la durée de la tournée, mais une fois celle-ci terminée, il était devenu évident qu’il fallait le garder avec nous, et il a accepté.

Pouvez-vous m’en dire plus sur les textes des chansons des deux premiers albums, vous me parliez de l’univers de science-fiction, pouvez-vous préciser ?

Qantice c’est le nom du groupe, mais aussi celui d’un univers, un monde imaginaire dans lequel se déroulent des aventures. Celles-ci sont racontées dans un roman, La Cosmocinésie, ainsi qu’au travers de nos chansons. Chaque album constitue ainsi un nouvel épisode d’une vaste saga, un peu à la manière du Rhapsody d’autrefois. Il arrive aussi que certaines chansons mettent simplement l’accent sur un lieu, ou encore un personnage, comme par exemple la chanson Megantrop qui parle du mégantrope Alsrick.

Comment s’est formé Qantice ?

C’est une histoire, qui remonte à bien longtemps. J’ai d’abord commencé par créer quelques compositions, puis grâce à des annonces dans les magazines, j’ai recruté la violoniste, Yosh, en 2002, puis le premier chanteur, Vince, vers 2005. En 2008, peu avant la sortie du premier album, c’est le batteur Aurélien Joucla qui nous a rejoints. Ensuite il y a eu le passage de Fred Charpentier à la basse, le temps de deux concerts en 2010/2011. Puis, PelleK est venu remplacer Vince au chant pour le deuxième album, entre 2012 et 2016. Sont enfin arrivés la bassiste, Christine Lanusse, en 2014, puis David, il y a maintenant à peine deux mois.

D’ailleurs, une autre belle surprise de cette tournée fut de constater que ce dernier line-up est vraiment harmonieux. Tourner ensemble nous a permis de mieux nous connaître, de nous rapprocher et de constater que tout le monde s’entendait bien, ce qui n’est jamais acquis d’avance dans un groupe qui est né en studio. Et c’est aussi cet aspect-là qui a rendu cette tournée si agréable.

Comment avez-vous été signé par le label japonais Radtone Music ?

Quand le deuxième album, The Phantonauts, a été masterisé, je l’ai envoyé à énormément de labels à travers le monde, y compris au Japon. J’ai particulièrement harcelé Radtone parce qu’ils avaient déjà signé un autre groupe du chanteur PelleK : Damnation Angels. J’ai donc commencé par leur envoyer un cd, et, quelques mois plus tard, je les ai relancés par Email en anglais. Étant toujours sans réponse, j’ai alors demandé à Yosh (notre violoniste d’origine japonaise) de rédiger un nouvel Email, mais dans sa langue natale, cette fois. Et le miracle s’est produit : non seulement on nous a répondu, mais en plus on nous proposait d’emblée un contrat. Comme quoi parler en japonais à des Japonais, ça peut être payant. Et j’ajoute que Radtone s’est vraiment investi pour cet album, en le mettant en valeur dans les magasins japonais, parfois sur quatre colonnes de rayonnage, avec photo du groupe et bornes d’écoute. Bref, nous avons eu droit à la mise en valeur qu’on réserve habituellement aux grands groupes, ce qui a eu pour effet que The Phantonauts s’est vendu autant au Japon que dans le reste du monde réuni. Pour l’instant il n’y a pas eu d’autre retombée, mais on espère évidemment y jouer un jour. Cela fait partie de nos objectifs pour l’avenir.

Vous parlez de tournée. Y a-t-il de nouveaux concerts de prévus ?

Au moment où l’on parle, je ne peux rien annoncer, hélas. Au plus tard, nous tournerons pour la sortie du troisième album, mais nous restons à l’affût de toute opportunité entre-temps. Ce qui est sûr, c’est qu’avec cette tournée avec Luca Turilli, Qantice s’est enfin donné les moyens et l’expérience du live, et nous sommes vraiment déterminés à poursuivre sur cette lancée.

Avez-vous un dernier mot pour vos fans et les personnes qui vous découvrent ? 

Je voudrais tout d’abord remercier les fans qui sont venu nous voir à Lyon et Paris, et qui ont vraiment été exceptionnels aussi bien en qualité qu’en quantité. Je les remercie pour leur soutien, et aussi pour leur patience, car nous savons que certains nous suivent depuis le début, et ont attendu très longtemps pour nous voir en concert.

Nous remercions aussi les nouveaux fans qu’on a pu rencontrer pendant cette tournée à travers toute l’Europe. Et bien sûr, ceux qui ne nous connaissent pas encore, sont invités nous découvrir, notamment sur YouTube où se trouvent beaucoup de nos morceaux, de clips, de concerts, etc. Et à tout le monde : à bientôt en live !

Merci Beaucoup Tony pour cette interview, on va attendre patiemment la sortie du 3e album de Qantice, on se reverra surement pour de futurs concerts en France !

Crédit Photos 2016 @ La Fée Verte Photographie / Carine Mancuso.

 

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